Martha Tuttle, résidence de mars à juin 2026
Martha Tuttle (née en 1989 à Santa Fe, Nouveau-Mexique) est une artiste américaine qui explore les frontières entre peinture, textile et sculpture, sa pratique explore notre relation à l’élémentaire et à l’environnement qui nous entoure, elle crée des compositions subtiles et riches en matérialité qui interrogent l’impermanence, le lieu et la tension entre l’organique et le construit. Travaillant avec des matériaux issus de la terre — teintures végétales, pigments minéraux, laine, lin et soie — Tuttle construit des topographies fragmentées, qui reconfigurent l’abstraction géométrique à travers le prisme du monde naturel. Ses surfaces intègrent souvent la pierre, le bois carbonisé et l’aluminium moulé, générant des tensions nuancées entre opacité et transparence, poids et légèreté, intérieur et extérieur. Ses compositions mettent l’accent sur la matérialité, en employant des procédés physiques tels que la teinture, le tissage et la couture, qui traversent chacune de ses œuvres colorées avec des substances d’origine naturelle. Des passages de soie tendue translucide sont teints avec des teintures végétales et du fer, tandis que d’autres sont peints avec des pigments minéraux, créant des nappes de couleurs élémentaires et subtiles. Visuellement, les marques sur la soie évoquent des craquelures de topographies géologiques. Les châssis visibles, semblant émerger et disparaître derrière ces sections, participent à l’équilibre de la composition plutôt que de n’agir uniquement comme supports. Associées aux minéraux trouvés, les compositions résonnent avec des questionnements géologiques plus vastes, portant sur la manière dont des relations peuvent être établies avec le monde géologique. Au cours de sa résidence à l’Atelier Calder, l’artiste a développé un projet dans son entièreté, dans un environnement profondément en accord avec ses recherches sur le mouvement, mêlant performance et matières, textile et sculpture. Elle a conçu et cousu des vêtements non teints qu’elle a porté lors de courses d’endurance en milieu naturel. La sueur et les minéraux de son corps inscrivent des traces directement sur le tissu. Après ces performances, elle utilise ces textiles pour créer des œuvres murales et des sculptures, auxquelles elle intègre également des matériaux récoltés tout au long de ses parcours — pierres, éléments végétaux — qu’elle a ensuite utilisé pour la création de sculptures, une série de moulages en aluminium. Ce travail prolonge ses recherches sur la porosité entre le corps et l’œuvre, en dialogue avec des artistes tels que Janine Antoni, Andrea Zittel, Cecilia Vicuña ou Matthew Barney, et nourri par les écrits mystiques de Julian of Norwich et Marguerite Porete. Elle y explore la matérialité, l’endurance et la capacité des corps féminins à travers des gestes ancrés dans le textile, la couture et le glanage. Martha Tuttle (née en 1989 à Santa Fe, NM) vit et travaille à Livingstone, Montana, et a obtenu un Master of Fine Arts (MFA) de la Yale School of Art à New Haven, Connecticut. Elle a bénéficié d’expositions personnelles au Moody Center for the Arts, Houston (2024), et au Storm King Art Center, New York (2020-2021). Tuttle a participé à une résidence Rauschenberg à Captiva (2019) et a reçu une bourse de la Fondation Josef Albers (2014). Ses œuvres font partie de collections publiques sélectionnées telles que le Museum of Modern Art (MoMA), New York ; le Museum of Fine Arts, Houston ; et la National Gallery of Art, Washington, D.C.
Photos: Guillaume Blanc

Photos Guillaume Blanc
























